Le ministre de l’Enseignement Supérieur, Philippe Baptiste, souhaite augmenter les frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·es. L’Union Étudiante a recueilli les témoignages d’étudiant·es concerné·es que nous reproduisons ici :
Témoignage 1 :
« Je vais tout simplement devoir arrêter mes études alors que je suis major de promo, je suis dans l’incapacité total de payer ça même si je travaillait, les étudiant algériens ne peuvent travailler que 17h par semaine et ont besoin d’une atp qui prend des mois à arriver alors que les autres n’en ont pas besoin, j’avais de grande ambitions je voulais faire les meilleures études possible mais cette loi vas stopper ça net et je ne pourrais même pas continuer mes études en algérie car je les ai arrêter en venant en france »
Témoignage 2 :
Ma situation financière est actuellement dans une impasse critique. En tant qu’étudiante étrangère, je suis déjà exclue des bourses et des logements du CROUS, ce qui m’impose un loyer de 450 € dans le secteur privé.
Malgré un emploi étudiant, je parviens à peine à joindre les deux bouts. L’augmentation des frais de scolarité, cumulée au coût du renouvellement du titre de séjour (150 €), rend la poursuite de mes études matériellement impossible. Je me prive déjà de l’essentiel pour survivre, et cette charge supplémentaire briserait mon équilibre financier et psychologique, déjà fragilisé par le surmenage«
Témoignage 3 :
Je suis étudiant étranger en France avec un budget déjà très limité. Entre le logement, la nourriture et les dépenses quotidiennes, il est parfois difficile de maintenir un équilibre.
Une augmentation des frais d’inscription aurait un impact direct sur ma vie, je devrais réduire mes dépenses essentielles, travailler davantage à côté de mes études, et cela risquerait d’affecter ma réussite académique.
Cette pression financière augmente aussi le stress et affecte ma santé mentale, surtout en étant loin de ma famille. Elle limite également mon accès aux activités sociales et à une vie étudiante normale.
Cette mesure rendrait les études en France beaucoup moins accessibles pour des étudiants comme moi et mettrait en difficulté notre capacité à réussir et à vivre dignement. »
Témoignage 4 :
Quand j’étais venu en France , j’ai clairement choisi l’université de Reims car j’ai vérifié qu’elle n’appliquait pas des frais exorbitant. Ils ont annoncé vers Mars qu’à la rentrée les frais augmenteront ×16.
J’ai toujours travaillé, je n’ai jamais beneficié d’aide de l’assistante sociale, contrairement aux préjugés nous n’avons PAS d’aide si ce n’est les APL qu’on nous enleverra bientôt en Juillet.
Déjà que sans les APL j’ai prévu de vivre avec moins de moyen, alors là avec ces frais de presque 3000€ en licence, je ne sais pas comment je vais survivre.
J’ai contacté l’assistante sociale de mon CROUS en fin Mars pour connaître les critères d’exonération, et on me dit qu’ils ne savent pas, que c’est flou, qu’ils ont fait une réunion mais que rien n’est clair.
J’en ai marre qu’on ai normalisé le fait qu’on soit en PAUSE à chaque fois, que on s’attaque à nous alors qu’on a fourni des efforts pour être accepté dans une fac français, qu’on est les meilleurs de nos promos . Et ça c’est une prof qui me l’a dit personnellement. Contrairement aux préjugés, on apporte beaucoup aussi .
On a normalisé le fait qu’on attends des mois pour avoir un titre de séjour qui nous revient de droit et qui est le minimum pour vivre en dignité. Certains perdent leurs stages, alternances.. etc à cause de ça seulement, seulement a cause des délais qu’on ne peut pas contrôler.
On est venu en France car on aime ce pays, car on a voulu apprendre et vivre dignement en poursuivant nos études dans la volonté d’apporter également à ce pays les fruits de nos savoirs . Donc oui , déjà qu’on subit un stress quotidien sans parler des effets de l’exil sur notre santé mentale, cette décision est INJUSTE. On a pas signé pour ça. Et c’est ignoble de nous imposer ça et de gratter de l’argent sur notre dos alors qu’on ne fait rien de mal. On est de simples étudiants. Comme tous les autres , c’est une décision raciste qui cherche à nous faire différencier et à nous isoler.«
Témoignage 5 :
« Je suis en L1 à Aix-Marseille Université, j’ai 18 ans et je suis venue en France en septembre 2025 pour étudier
Si j’ai choisi la France c’est aussi parce que les frais étaient accessibles et qu’il y avait des aides, sinon j’aurais choisi un autre pays comme l’Italie ou la Hongrie
Aujourd’hui je travaille environ 18h par semaine mais ça ne suffit pas, j’ai déjà du mal à payer mon loyer et à manger, je dois parfois demander de l’aide
Si les frais augmentent et que les exonérations sont supprimées je ne pourrai pas continuer mes études, ce sera impossible pour moi
Je risque aussi de ne pas pouvoir renouveler mon titre de séjour donc je devrai partir, et retourner en Algérie dans ces conditions c’est très compliqué parce que je ne pourrai pas reprendre directement mes études
Ça voudrait dire que j’ai perdu une année, du temps et de l’argent, et ça aura un gros impact sur mon avenir
J’espère vraiment que cette décision ne passera pas et qu’on sera considérés comme des êtres humains à part entière, comme des étudiants comme les autres, on n’est pas riches ni privilégiés, juste des étudiants simples avec des familles simples qui font de leur mieux. »
Témoignage 6 :
« Je suis actuellement en Algérie et j’arrive à la dernière étape de ma procédure pour venir étudier en France.
Honnêtement, ça fait des mois que je travaille sur ce projet, que je me renseigne, que je fais attention à chaque détail. Quand j’ai choisi mes universités, je n’ai pris que celles qui proposent une exonération des droits différenciés. Ce n’était pas un choix
« stratégique », c’était juste que je n’ai pas les moyens de payer 3000 € pour une licence.
Au-delà des frais, il y a aussi la réalité une fois sur place. En arrivant en France, je sais que je risque de ne pas avoir mon titre de séjour avant plusieurs mois.
Pendant ce temps-là, je ne pourrai pas travailler, donc je devrai vivre sans revenus. Franchement, ça fait peur. Mais malgré ça, j’étais prête à assumer, à me débrouiller, à faire des sacrifices parce que je pensais vraiment que ça valait le coup pour mon avenir.
Sauf qu’avec cette augmentation des frais pour les étudiants étrangers, tout devient incertain. Je sais déjà que je ne pourrai pas payer. En Algérie, 3000 €, c’est énorme. C’est plus de 30 fois le SMIC. Ce n’est même pas une question d’effort ou de volonté, c’est juste impossible.
Et le plus dur dans tout ça, c’est de se dire que je risque d’abandonner un projet dans lequel j’ai tout donné cette année. Entre les démarches, le stress, l’argent dépensé, l’énergie… ce n’est pas juste un
« plan », c’est quelque chose que j’ai vraiment construit petit à petit. Donc oui, l’idée de devoir tout arrêter maintenant, ça fait vraiment mal. »
Témoignage 7 :
Madame, Monsieur,
[…] Je suis étudiant en première année de sciences politiques à l’université Paris VIII
Vincennes Saint Denis et je gagne environ 500 € par mois. Avec ce revenu, je dois déjà renoncer chaque mois à des besoins essentiels : logement correct, alimentation, transports, stabilité de vie. Je travaille à côté de mes études dans des conditions déjà précaires. Payer ces frais est impossible. Ce n’est pas une difficulté, c’est une impossibilité matérielle. Cela reviendrait à m’empêcher de poursuivre mes études en France. Dans ces conditions, je ne pourrai plus étudier.
C’est ma réalité aujourd’hui, et cette décision a des conséquences directes et concrètes sur mon avenir. En l’état, elle engage votre responsabilité sur les conditions dans lesquelles des étudiants comme moi pourront ou non continuer leur parcours.
Je vous demande de prendre en compte la réalité des étudiants concernés avant toute mise en œuvre.
Respectueusement, Étudiant étranger »
L’Union Étudiante dénonce cette attaque raciste et xénophobe contre les étudiant•es étranger•es. Si toi aussi tu refuses cette mesure, signe la pétition en cliquant sur le lien en bio, partage cette publication et interpelle le ministre dans les commentaires et avec le lien en bio !
Continuez à signer la pétition : https://union-etudiante.fr/petition-non-aux-frais-dinscriptions-racistes/