Plus de 20 000 signatures à la pétition contre les frais d’inscription différenciés pour les étudiants étrangers

Dans cet article l'Union Étudiante revient sur la mobilisation contre le décret porté par Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement Supérieur, visant à augmenter les frais d'inscription pour les étudiants étrangers. Le syndicat revient sur la mobilisation en cours et sur la pétition.
Le camion de l'Union Étudiante lors d'une manifestation organisée par le syndicat contre les frais d'inscription différenciés .
Le camion de l'Union Étudiante lors d'une manifestation organisée par le syndicat contre les frais d'inscription différenciés .

En avril 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, annonçait vouloir augmenter les frais d’inscription pour les étudiants extra-communautaires, dans le cadre du plan Choose France for Higher Education.

Héritier du plan Bienvenue en France initié par Emmanuel Macron et Édouard Philippe en 2019, ce projet vise à augmenter les frais d’inscription pour les étudiant·es extra-communautaires à hauteur de près de 3 000 € pour la licence et 4 000 € en master, contre 176 € et 254 € pour un étudiant ou une étudiante communautaire (France et Union européenne). À l’époque, le plan laissait la possibilité aux universités et établissements d’enseignement supérieur d’exonérer les étudiants extra-communautaires afin que leurs frais restent identiques à ceux des étudiant·es nationaux·les. Grâce aux mobilisations syndicales, une majorité d’universités avaient alors refusé d’appliquer le plan Bienvenue en France.

Le nouveau décret vise à contraindre les universités à appliquer ces frais différenciés afin que l’ensemble des étudiants étrangers paient des frais d’inscription 16 fois supérieurs aux frais classiques. L’objectif du gouvernement : empêcher les étudiant·es étranger·es d’accéder à l’enseignement supérieur. Ce décret suit une logique raciste, puisque la majorité des étudiant·es qui étaient jusque-là exonéré·es étaient originaires du continent africain.

Face à cette mesure du ministre, l’Union Étudiante a immédiatement lancé une large mobilisation dans l’ensemble des universités françaises : assemblées générales, appels à témoignages, manifestations, interpellations du ministre et pétitions.

Une pétition à plus de 20 000 signatures

Le lendemain de l’annonce gouvernementale, le syndicat lance une pétition sur change.org face à la réforme qualifiée d’« attaque raciste et antisociale ». La pétition vise à dénoncer l’instauration d’une « sélection par l’argent aux portes des universités ». L’Union Étudiante pointent du doigt la précarisation extrême que cela va engendrer pour les étudiants originaires d’Afrique subsaharienne ou du Maghreb et dénoncent le reniement du ministre, qui avait promis en février qu’aucune hausse n’aurait lieu avant 2027.

La pétition obtient rapidement plusieurs milliers de signatures, montrant que l’ensemble du monde universitaire s’oppose à cette mesure. L’objectif de la pétition est également de dénoncer le caractère antidémocratique de la mesure. Le ministre préférant un décret afin de ne pas solliciter un débat à l’Assemblée Nationale ou au Sénat.

Interpellation et boycott institutionnel

Pour interpeller directement le ministère, l’Union Étudiante organise une action de protestation numérique et administrative. Le syndicat appelle à saturer massivement les lignes téléphoniques du ministère de l’Enseignement supérieur, paralysant temporairement ses standards pour afficher le refus global de la mesure. Dans la même semaine, une plateforme d’interrelation par mail est lancée : plusieurs centains d’étudiant·es écrivent au ministre pour dénoncer les conséquences de sa mesure.

Face à la mesure raciste, les étudiant·es se mobilisent massivement. L’Union Étudiante lance une plateforme d’interpellation du ministre afin de lui écrire directement par mail – ou de l’appeler au téléphone – afin de dénoncer les conséquences de cette mesure. Le ministère est contacté plusieurs centaines de fois.

Sur le plan institutionnel, organise un boycott total de la séance du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) qui devait examiner et valider le projet de texte du gouvernement. Faute de quorum, le conseil est annulé, retardant ainsi l’agenda législatif du ministre.

Une mobilisation qui s’amplifie

À partir du mois de mai, la mobilisation s’amplifie dans les universités. Des assemblées générales ont lieu partout en France afin de s’organiser localement. Dans le mois, plusieurs dates de mobilisations sont organisées devant les rectorats et le ministère de l’Enseignement Supérieur.

Continuons à signer la pétition et à se mobiliser contre ce décret !

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