Communiqué de presse

Augmentation des frais d’inscription pour les étudiant·es extra-communautaire, l’Union Étudiante dénonce une attaque raciste du gouvernement

Blocage à l'université de Strasbourg - AES

Macron et son gouvernement annoncent par l’intermédiaire de Philippe Baptiste, ministre de l’ESR, l’interdiction de l’exonération des frais d’inscription pour les étudiant-es extra communautaires. Autrement dit, le ministre annonce la généralisation des frais différenciés pour les étudiant-es etranger-es extra-communautaires : ce sera 2 895 euros pour une licence et 3 941 euros pour un master pour un-e étudiant-e qui n’est pas de nationalité européenne.

Alors qu’il y a quelques mois Philippe Baptiste choisissait de supprimer les APL aux étudiant-es étranger-es extra-communautaires, le gouvernement enfonce encore le clou. Privé-es des principales aides sociales disponibles pour étudiant-es en France (bourses sur critères sociaux et APL) les étudiant-es étranger-es étaient déjà condamné-es à la précarité. Maintenant, on demande à ces étudiant-es de s’affranchir de frais d’inscription 16 fois plus cher que leurs camarades européens. Nous n’y voyons pas autre chose que de la préférence nationale. Les macronistes et leurs allié-es qui prétendent depuis 2017 lutter contre la montée de l’extrême droite récupèrent et appliquent son programme. 

Cette annonce montre encore une fois comment les fameuses Assises du financement des universités lancées début 2026 pour réfléchir à toutes les pistes de financement des universités possibles sauf un investissement public, ne sont qu’un simulacre de démocratie. Celles-ci ne permettent qu’au gouvernement d’affirmer son véritable objectif : continuer la mise à mort lente de l’Université publique, gratuite et ouverte à toutes et tous. Plutôt que de financer à hauteurs des besoins le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, Macron et son gouvernement choisissent de faire payer aux étudiants – au premier rang desquels les étudiant-es étrangers – le déficit des universités. 

Le véritable obsession des libéraux qui se cache derrière les charmants objectifs de “rayonnement international”, “compétitivité” ou encore “attractivité”, c’est toujours plus de tri social et raciste. 

Cette généralisation des frais d’inscription sera une catastrophe pour les étudiant-es étranger-es et pour nos universités. Là où ces frais s’appliquent, les conséquences sont déjà sans appel. A Strasbourg, c’est 47 étudiants qui sont en procédure de désinscription annulant leur diplôme déjà entamé. A Paris 1, ce sont des centaines d’étudiant-es qui se voyaient contraints de mettre fin à leurs études du fait des frais exorbitants. 

L’Union Étudiante dénonce cette énième attaque raciste visant à exclure des bancs de l’Université les étudiant-es sur base de leur nationalité. Ne soyons pas dupes, cette nouvelle attaque ne sera pas la dernière si les libéraux continuent d’avancer dans cette direction. Leur horizon est clair : l’augmentation des frais d’inscription pour tous-tes les étudiant-es.

L’Union Étudiante appelle étudiants et étudiantes, enseignants et enseignantes, chercheurs et chercheuses, personnels des universités à se mobiliser partout sur le territoire et avant le 1er mai pour ne pas laisser passer cette attaque et défendre coûte que coûte une université publique, gratuite et ouverte à toutes et tous sans condition. 

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