Communiqué de presse

Lettre ouverte – Aux président·es des universités et écoles de l’enseignement supérieur français : vous avez la responsabilité d’empêcher des morts. Agissez !

Depuis quelques semaines, l’accueil de tous·tes les étudiant·es palestinien·nes est interrompu à la demande du Ministère de l’intérieur. Cette décision condamne à mort des étudiant·es inscrit·es dans nos Universités
françaises, dans l’attente de leur évacuation. Nous vous adressons cette lettre pour vous demander d’agir, d’interpeller le gouvernement et de permettre aux évacuations de reprendre de toute urgence.

Vous, président·es de nos universités et des écoles, avez été doté·es d’une mission au titre de vos fonctions : permettre à la jeunesse de s’instruire et d’agir pour le bien commun. Aujourd’hui cette jeunesse vous délègue une mission majeure en retour, nous vous demandons solennellement d’agir à votre tour contre un genocide et pour l’humanité.

En tant que président·eS d’universités et d’écoles vous avez aujourd’hui une responsabilité immense sur vos épaules : vous pouvez empêcher des morts et protéger des vies. Le peuple palestinien subit un génocide, une famine organisée minutieusement par le gouvernement israélien, une privation de leurs terres. Les étudiant·es gazaouis qui nous partagent leurs témoignages ont tout perdu, leur maison, leur université, leur famille, leurs rêves. Malgré cela, sous le bruit des bombes et des chars, ils et elles continuent chaque jour de se battre pour trouver des financements pour leurs études, pour apprendre le français et pour venir étudier ici. Pourtant, la décision injuste du gouvernement français les condamne à mort.

Nous allons retourner sur les bancs de l’université dans une dizaine de jours, mais nous ne serons plus les mêmes, nous serons rongé·es par la colère face à votre inaction. Nos campus vont rouvrir, mais quelques places dans l’amphithéâtre resteront vides, vides car ces étudiant·es pourtant inscrit·es auront été privé·es de vivre, sous le coup d’une décision injuste.

Le génocide commis par Israël à Gaza se poursuit depuis près de deux ans, sous le regard complice de nos gouvernements occidentaux, qui n’ont rien fait pour l’empêcher, pire, qui ont continué d’envoyer des armes à Israël et qui n’ont pas rompu leurs accords et relations diplomatiques avec un Etat génocidaire. L’enclave palestinienne est aujourd’hui un cimetière à ciel ouvert : ce sont près de 61 000 palestinien•nes qui ont été assassinés par l’armée israélienne. C’est aujourd’hui 1,2 million d’enfants en situation d’insécurité alimentaire grave dont déjà plus d’une centaine morte de faim du fait d’un blocus humanitaire empêchant des centaines de tonnes de nourriture d’entrer dans la bande de Gaza.

Vous avez le pouvoir de changer cela. Vous pouvez interpeller le gouvernement pour que les évacuations reprennent. Portez nos voix auprès du Ministère de l’Intérieur, des Affaires Etrangères et de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Portez les voix de vos étudiant·es pour qui vous avez accepté de vous engager. Vous pouvez, et devez , ouvrir aussi davantage de places dans les DU Passerelles pour les réfugié·es mais aussi proposer des places en licence et en master. Vous pouvez et devez également publiciser ces cursus pour que tous·tes les étudiant·es puissent en connaître l’existence et sauver leur vie en rejoignant les bancs de nos amphis.

Vous avez entre vos mains la vie de jeunes qui ont autant de rêves que nous. Vous avez entre vos mains la vie de jeunes dont l’existence compte autant que la nôtre, que la vôtre. Vous avez entre vos mains une responsabilité : d’agir pour sauver des vies.

En n’agissant pas, vous participez à la condamnation à mort de ces étudiant·es. Pour elles et eux, agissez. L’histoire vous regarde.

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